Être responsable dans le choix des polices : les typographies écologiques

Après avoir présenté le concept d’éco-couleurs, il fallait que je te présente les typographies écologiques. En communication, plusieurs bonnes pratiques existent pour réduire son empreinte carbone et pour être plus éco-responsables dans ses créations. Prenons l’exemple d’un graphiste spécialisé dans l’impression. Que peut-il faire dans son métier pour réduire l’impact de ses créations sur l’environnement ? Il existe plusieurs moyens : par exemple, en réduisant la quantité d’encre nécessaire à l’impression. C’est ici que la notion de typographie écologique prend tout son sens. Mais qu’est-ce qu’une typographie écologique et comment en reconnaître une ?

Une brève histoire de la typographie

Le mot « typographie » se compose de « type » qui signifie « empreinte », et de « graphie » qui signifie « écriture ». À la base, la typographie est l’art d’assembler des caractères mobiles afin de créer des mots et des phrases pour enfin les imprimer.

C’est à Johannes Gutenberg que nous devons l’invention des caractères métalliques mobiles. Ce sont de petites pièces en plomb destinées à recevoir de l’encre grasse pour ensuite être pressée sur un support en papier. C’est ainsi que les lettres étaient imprimées. Ces petites pièces existaient depuis bien longtemps avant Gutenberg, mais étaient fabriquées à partir de terre cuite, de bois ou de métal. On dit que leur invention propre remonte au début du XIe siècle, en Chine.

caractère mobile en plomb

Qu’est-ce qu’une typographie écologique ?

Une typographie désigne les différents procédés de composition et d’impression utilisant des caractères et des formes en relief. Il existe 4 grandes catégories de typographies selon a classification Vox-ATypI :

  • serif : ce sont des polices de caractères dîtes à empattements. Ce sont des polices qui véhiculent une idée de sagesse, d’ancrage et de maturité. Une des polices de caractère serif les plus connues est Times New Roman. Ces polices sont utilisées notamment dans les titres.
  • sans-serif : ce sont des polices de caractère dîtes sans empattements. Ce sont des polices qui véhiculent une idée de modernisme et de neutralité. Une des polices de caractère sans serif les plus connues est Arial. Ces polices sont utilisées notamment dans les corps de texte.
  • cursive : ce sont des polices de caractère qui ressemblent à de l’écriture manuscrite. Ce sont des polices qui véhiculent une idée de liberté et de modernisme. Une des polices de caractère cursive les plus connues est Dancing Script. Ces polices sont utilisées notamment à des fins décoratives.
  • fantaisie : ce sont des polices de caractère qui sont bien souvent regroupées dans un thème spécial. Elles sont bien souvent décoratives.
Montserrat est par exemple, une police de caractère sans serif

Une typographie écologique n’a pourtant à priori rien à voir avec ces catégories de police. Une typographie écologique est tout simplement une typographie qui va demander moins d’encre à l’impression. Comment est-il possible de réduire la quantité d’encre d’une police de caractère ? On en parle tout de suite.

Comment réduire la quantité d’encre utilisée grâce aux typographies écologiques ?

À la base, une police de caractères peut se décliner sous différents niveaux de graissage. Par exemple, il existe une version bold de la police Montserrat, mais aussi une version light ou encore regular. L’ensemble de ces niveaux de graissage et de taille est appelé une fonte. Tu l’auras sûrement deviné, mais plus une police de caractère est grasse, et plus la quantité d’encre à l’impression va être haute. C’est une des caractéristiques des polices de caractères à vérifier avant de se lancer dans l’impression de plusieurs milliers de flyers !

Vérifier le niveau de graissage des typographies est une des choses à vérifier quand on fait de l’éco-conception. Il existe également d’autres méthodes, par exemple en réduisant la taille des textes. En diminuant la taille des polices de caractères, tu auras besoin d’imprimer moins de lignes, de plus petits caractères, et donc la quantité d’encre nécessaire sera plus basse.

On atteint bien évidemment rapidement les limites de ces deux méthodes d’éco-encrage par la typographie. Il existe des solutions plus efficaces. Par exemple, une entreprise à trouver l’idée géniale de « trouer » les lettres d’une police de caractères pour limiter la quantité d’encre nécessaire à l’impression. C’est le logiciel Eco Font qui permet de faire ça simplement. Les entreprises qui l’utilisent réussissent à économiser pas moins de 50 % d’encre à l’impression.

Sur le marché des typographies, on peut trouver de jolies polices de caractère spécialement conçues pour réduire l’impact de nos créations.

Quelles sont les typographies écologiques les plus populaires ?

Je vais commencer par te présenter les typographies qui ont été spécialement pensées pour demander le moins d’encre possible à l’impression.

La première typographie écologique a vu le jour en 2009 et a été conçue par une agence néerlandaise de communication. Cette typographie, c’est Spranq Eco ! Elle permet de réduire la quantité d’encre utilisée entre 25 et 30 %.

Une autre typographie écologique populaire est Ryman Eco. Créée en 2014 par l’agence Ryman Stationery, elle met l’espace négatif à profit pour réduire la quantité d’encre utilisée.

Que faire des typographies plus classiques ?

Je te l’accorde, il n’est pas toujours facile d’utiliser ce genre de police de caractères dans ses créations. Ce ne sont évidemment pas les seules typographies que tu peux utiliser pour faire de l’éco-encrage.

La police de caractère la plus écologique serait la police Garamond. Créée environ en 1530, elle est utilisée depuis des siècles pour l’impression. Aujourd’hui, on lui trouve encore un point positif : elle consommerait en moyenne 24 % d’encre de moins que les autres typographies.

Times New Roman est également une des polices de caractères qui permet de faire des économies d’encre à l’impression. Century Gothic ainsi que Vera Sans.

L’éco-conception passe par différentes bonnes pratiques, notamment par la mise en place de l’éco-encrage. Faire attention aux typographies utilisées, c’est avoir conscience des ressources nécessaires pour ses créations. Pour conclure, je pense que nous avons toutes et tous une part de travail à faire pour améliorer notre empreinte. Et c’est sans oublier que le meilleur déchet, c’est celui que l’on ne produit pas. 🙂

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