Être responsable dans le choix des couleurs : les éco-couleurs

Les couleurs forment un système absolument complexe et extraordinaire. En effet, chaque couleur varie par sa nuance, sa luminosité, son contraste et chacun de ses paramètres définit la signification et l’émotion qu’elle dégage. Les couleurs ont une importance primordiale et particulièrement dans le monde de l’entreprise, car elles font partie de l’identité de marque ! Cependant, certaines couleurs sont bien plus écologiques que d’autres. On parle alors d’éco-couleurs.

Une couleur : qu’est-ce que c’est ?

Fondamentalement, la définition d’une couleur est assez complexe, car elle dépend de notre sensibilité et de notre perception. Cependant, les Hommes ont réussi à créer une représentation ordonnée des couleurs : c’est le cercle chromatique.

Chaque couleur est porteuse d’une signification et d’une symbolique. Il faut tenir compte de ces éléments lorsqu’on travaille sur son identité visuelle : quelle ambiance avons-nous envie d’instaurer ? Quel message avons-nous envie de transmettre ?

Par exemple, le bleu est naturellement lié à la sagesse et à la sérénité contrairement au rouge qui peut être utilisé comme symbole d’un danger.

Chaque pays possède ses propres significations des couleurs. Pour les Japonais par exemple, le blanc est perçu comme la couleur du deuil. Il faut donc faire attention à la signification que les couleurs peuvent avoir et bien connaître sa clientèle cible quand on met en place une identité visuelle pour son business ! La signification des couleurs fait partie intégrante d’une société, d’une culture, et nous ne sommes pas tous aussi sensibles à une couleur qu’à une autre.

RVB vs CMJK

RGB

Les couleurs qu’on peut observer sur nos écrans sont à la base gérées par un système de codage. Il existe deux systèmes de codage informatiques des couleurs : le RVB et le CMJK.

Le rouge, vert, bleu abrégé en RVB (ou RGB en anglais pour « red, green, blue ») est le système utilisé par nos écrans pour afficher les couleurs. Nos écrans fonctionnent par synthèse additive à partir de ces trois couleurs primaires. Chaque couleur a une valeur donc qui dépend de ces trois couleurs primaires : le codage RVB donne une valeur pour chacune de ces couleurs de base. Ces valeurs sont données soit en pourcentage soit à l’aide d’un nombre entre 0 et 255.

Prenons un exemple concret. Le noir se traduit par une absence de rouge, de vert et de bleu. Son code RGB serait donc donné par le triplet suivant : R 0% G 0% B 0%. Il peut aussi être désigné par le triplet R 0 G 0 B 0.

A contrario, le blanc se traduit par une présence maximale de rouge, de vert et de bleu. Son code RGB serait donc donné par le triplet suivant : R 100% G 100% B 100%. Ou encore R 255 G 255 B 255.

On peut coder toutes les couleurs à l’aide de ce système : un bleu turquoise peut être donné par le triplet suivant R 62, G 247 B226.

Ce système a des limites, car fondamentalement, il ne prend pas en compte la luminosité, ni la saturation ou la teinte d’une couleur. C’est pour ça qu’au XXe siècle, des informaticiens ont proposés le système de description des couleurs TSL (teinte saturation et lumière).

CMJK

Le cyan, magenta, jaune et noir abrégé CMJK (ou CMYK en anglais pour « cyan, magenta, yellow, black ») est le système utilisé pour l’impression. C’est un peintre allemand Jacob Christoph le Blon qui l’a inventée au XVIIIe siècle. Sa méthode consiste à produire à l’aide de la synthèse soustractive, une très large palette de couleurs à partir de 3 couleurs (cyan, magenta et jaune) auxquelles on a ajouté du noir. On l’appelle aussi « quadrichromie« . Ainsi, chaque couleur a une valeur qui dépend de ces 3 couleurs : le codage CMJK donne une valeur pour chacune de ces couleurs de base. Ces valeurs sont données à l’aide d’un pourcentage.

Prenons un exemple concret. Le noir intense se traduit dans ce système par une absence de cyan, de magenta et de jaune. Par contre, le pourcentage de noir va être maximal (bien que l’on peut être un peu plus éco-responsable en prenant un noir avec une densité à 85% par exemple). Son code CMJK serait donc donné par le quadruplet suivant : C 0% M 0% J 0% K 100%.

Il faut faire attention car avec ce système, on ne peut obtenir en quadrichromie seulement une partie des couleurs possibles sur écran. Les logiciels Adobe comme Photoshop nous aident à éviter ces problèmes !

C’est quoi une éco-couleur ?

Une éco-couleur est une couleur qui nécessite moins d’encre à l’impression. Comme je l’ai expliqué plus haut, l’impression classique sur papier demande un certain pourcentage d’encre cyan, magenta, jaune et noir. Ainsi plus une couleur a des pourcentages élevés CMJK, et plus la quantité d’encre à l’impression sera grande ! Le designer Sylvain Boyer a d’ailleurs créé un guide de couleurs éco-responsables dans lequel il a répertorié 167 couleurs éco-conçues et optimales pour une impression écologique. Dans son guide, on retrouve les valeurs CMJK de chacune des couleurs ainsi que leur couverture d’encre. La couverture d’encre est la surface d’encre utilisée sur un support. On parle aus

Les éco-couleurs au service de l’éco-encrage

Si on parle d’éco-couleurs, la notion d’éco-encrage doit forcément apparaître également ! L’éco-encrage consiste à repenser l’impression classique pour réduire la quantité d’encre utilisée. Le but est que l’impression devienne la plus écologique et la plus respectueuse de l’environnement possible. La notion d’éco-couleur est fondamentale quand on parle d’éco-encrage, mais il existe d’autres bonnes pratiques à mettre en place pour limiter l’impact négatif sur l’environnement que peut représenter l’impression.

Les différents types d’encre

Qui dit impression dit encre ! Mais savez-vous de quoi sont constituées vos cartouches d’encre ? La plupart des cartouches d’encre disponibles sur le marché sont chargées d’encre minérale. La dénomination peut paraître trompeuse car ici, les encres minérales désignent les encres conçues à partir de pétrole. Les encres minérales contiennent également des métaux lourds et nocifs pour l’environnement. Elle représente une vraie menace pour l’environnement.

Il existe aussi des encres végétales qui sont conçues à partir d’huiles et de résines végétales comme l’huile de soja ou de lin. Contrairement aux encre minérales, elles contiennent moins de solvants et peuvent augmenter la bio-dégradabilité du produit en question. Il n’existe pas aujourd’hui d’encre 100% végétale à cause des pigments, mais elles représentent une bien meilleure alternative pour l’impression.

Les bonnes pratiques d’éco-encrage

En tant que graphiste, vous aurez sûrement besoin de créer des supports de communication qui seront imprimés. Vous devez être conscients que vos productions vont avoir un impact sur l’environnement. C’est pourquoi je vous livre quelques bonnes pratiques aujourd’hui pour apprendre à minimiser cet impact !

  • Utilisez des formats de papiers standards : les formats du type A4 ou A5 sont standards et permettent d’éviter les chutes de papier qui finiront au recyclage, ou pire, à la poubelle.
  • Évitez de surcharger le fond perdu d’encre : par définition, le fond perdu ne va pas faire partie de votre production alors il n’est pas nécessaire de surcharger cette surface.
  • Évitez les aplats de couleur : il est parfois préférable d’utiliser un fond blanc plutôt qu’un aplat de couleur qui demande beaucoup d’encre à l’impression.
  • Pensez « efficacité » : est-ce que le flyer que votre client vous demande est nécessaire et bien adapté à sa cible ? Si l’audience de votre client est majoritairement digitale, il vaut peut-être mieux pensé à un produit digital que papier.
  • N’oubliez pas de vérifier la provenance du papier qui sera utilisé
  • Pensez aux éco-typographies : ce sont des polices de caractère qui demande moins d’encre à l’impression. Garamond est d’ailleurs une des polices les plus écologiques !

Lorsque je conçois des identités visuelles pour mes clients, je pratique l’éco-conception. Elle consiste à penser depuis le début d’un projet aux façons de minimiser l’impact négatif qu’elle peut avoir sur l’environnement . Depuis l’élaboration du logo au choix du papier qui servira à l’impression de cartes de visite par, tout est pensé pour minimiser cet impact. Pour en savoir plus, visitez ma page « identité visuelle écologique » !

Et vous ? Vous connaissiez les éco-couleurs ? 🎨

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